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Pour une sylviculture proche de la nature
Le bois est une matière première renouvelable qu’il faut gérer durablement. De l’avis du groupe parlementaire, une meilleure exploitation du potentiel forestier, tout particulièrement en tant qu’alternative aux chauffages à mazout, est tout à fait souhaitable mais ne doit pas se faire aux dépens de l’habitat forestier. Dans cette perspective, le projet du Conseil fédéral est inacceptable, car il ouvre la porte à une exploitation forestière incontrôlée. C’est pourquoi le groupe défend la non-entrée en matière sur la révision de la Loi sur les forêts. Il soutient au contraire l’initiative Sauver la forêt suisse.
Les Verts plaident pour une gestion durable des forêts et une sylviculture proche de la nature. L’article constitutionnel (art. 77) et la Loi sur les forêts actuelle suffisent amplement à garantir ces deux principes tout en laissant la marge de manœuvre nécessaire à une gestion économique rentable des forêts. Nous souhaitons bien entendu une meilleure utilisation du potentiel des forêts suisses, tout particulièrement en tant qu’agent énergétique, argumente la Conseillère nationale Maya Graf qui s’occupe du dossier pour le groupe. Mais si les dispositions du Conseil fédéral s’imposent, cette exploitation se fera aux dépens de l’habitat forestier. Nous ne pouvons donc adhérer à ce projet. Les Verts contestent tout particulièrement l’abolition de l’article 3 sur la conservation des forêts, l’affaiblissement de la compensation du défrichement (art 7) et la forme des autorisations d’abattage (art 23) qui supprime l’obligation de marquer chaque arbre et qui permet un contrôle seulement ultérieur. Ils s’opposent également avec détermination au concept de fonction prioritaire de chaque aire de forêt (art. 20). Le risque que seule la fonction prioritaire soit soutenue financièrement, au détriment de la multifonctionnalité de la forêt, est trop grand.
Mieux exploiter le potentiel forestier en Suisse est tout à fait possible avec la loi actuelle. Une meilleure promotion du bois suisse en tant qu’agent énergétique et matériau de construction est par contre absolument nécessaire. L’assouplissement de la loi sur les forêts pourrait, quand à elle, être contreproductive et ouvrir la porte à de grands consortiums étrangers au détriment du commerce local. Le groupe parlementaire a donc décidé aujourd’hui de soutenir la non-entrée en matière sur ce projet.
Le projet de révision de la Loi sur les forêts est un contre-projet indirect à l’initiative Sauver la forêt suisse et devrait donc en intégrer la revendication centrale, soit une protection accrue de la forêt. Ce n’est malheureusement pas le cas. Le groupe soutient donc l’initiative, comme l’assemblée des délégué-e-s du parti l’a déjà décidé le 27.08.05. Si le Parlement devait toutefois renoncer à la révision de la Loi sur les forêts, l’initiative pourrait à notre avis être retirée.

