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Moratoire sur les importations d'agrocarburants!
La hausse continue du prix du pétrole et les changements climatiques ont dopé la culture des végétaux destinés à la production de carburants. En Suisse, il est prévu d’exonérer les „bio“- diesel. Pourtant une étude commanditée par la Confédération montre que ces carburants, désignés aujourd’hui sous le terme d’agrocarburants, ne méritent pas tous l’appellation bio, loin s’en faut. Leur production, tout particulièrement dans les pays émergents, provoque un désastre écologique et social. C’est pourquoi les Verts demandent un moratoire sur l’importation des agrocarburants et que la Suisse renonce à leur exonération.
„Biocarburant“ telle est la nouvelle formule magique dans les discussions sur le climat. On assiste à une véritable explosion des énergies „bio“. Aux Etats-Unis, en Union européenne, au Brésil et dans de nombreuses régions d’Asie, des milliards de francs sont investis dans la culture et la transformation de maïs, de soja, de colza, de canne à sucre, d’huile de palme et de blé pour produire du diesel végétal. Le biodiesel et le bioethanol sont considérés comme une alternative aux carburants fossiles. Ils sont sensés, surtout dans les pays industrialisés, rendre les voitures „respectueuses du climat“ et permettre leur utilisation illimitée tout en ayant bonne conscience.
Une étude menée par l’EMPA, sur mandat des Offices fédéraux de l’énergie, de l’environnement et de l’agriculture , montre que les agrocarburants ne méritent pas tous le label bio, loin s’en faut ! Seuls les carburants produits à base de déchets, de résidus ou de bois ont, selon cette étude, un écobilan positif. Le diesel végétal issu de culture de colza indigène a bien un taux d’émission de gaz à effet de serre inférieur à l’essence, mais son impact environnemental global est négatif. Les agrocarburants disponibles sur le marché international sont quant à eux bien plus problématiques : l’explosion de la demande a des conséquences écologiques et sociales catastrophiques dans de nombreux pays émergents dont le Brésil, l’Indonésie et l’Inde.
Faire le plein avec du carburant provenant de grandes cultures a des „effets secondaires“ considérables: la production de pétrole végétal se fait au détriment de la production de denrées alimentaires ; pour répondre à la demande, des surfaces énormes de forêt tropicale sont défrichées ; les petits paysans, qui ne peuvent pas être concurrentiels, abandonnent leur terre ou sont chassés ; les terres cultivées intensivement et sans assolement ne se régénèrent plus ; l’eau est polluée par les engrais et les pesticides ; la biodiversité est gravement menacée.
Les agrocarburants causent plus de problèmes qu’ils n’en résolvent. La prudence doit être particulièrement de mise face à cette industrie en pleine expansion, qui met gravement en danger les humains et l’environnement sans être une réponse aux problèmes climatiques. Sur la base du rapport de l’EMPA, les Verts demandent l’application conséquente de la loi sur les huiles minérales aux agrocarburants et un moratoire de cinq ans sur leur importation. Une protection efficace du climat exige avant tout moins de trafic motorisé ainsi que des véhicules moins gourmands et plus efficaces. Un label bio bidon ne fera pas avancer le schmilblick en matière de protection du climat.

