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Majorité pour un débat urgent sur l'alimentation
Ces deux derniers mois, les Verts ont réussi à convaincre une majorité de l’urgence d’un débat sur la sécurité alimentaire. La situation actuelle est dramatique et nécessite un changement fondamental de politique. L’agriculture doit avoir pour objectif prioritaire la souveraineté alimentaire et se pratiquer dans un cadre social et écologique supportable. La diminution de la taxe sur les carburants n’entre par contre pas en ligne de compte pour le groupe des Verts.
La flambée des prix dans le secteur alimentaire est due à de nombreux facteurs, dont la production d'agrocarburants avec des denrées alimentaires de base, le libre-marché forcé dans le secteur agricole et la spéculation boursière avec les aliments. La Suisse porte une responsabilité toute particulière, elle qui tire avantage des multinationales agroalimentaires et des grandes banques ayant leur siège dans le pays et participant à la flambée des prix par leurs spéculations. Le débat urgent permettra aux Verts de déposer les propositions suivantes:
- La Suisse doit contribuer rapidement et substantiellement à l’augmentation du fonds du Programme alimentaire mondial.
- La production alimentaire locale et régionale, socialement et écologiquement supportable, doit être renforcée au détriment du commerce agroalimentaire mondial. Au sein de l’OMC, le Conseil fédéral doit s’engager pour un moratoire sur les négociations dans le domaine agricole. A plus long terme, les Verts demandent que l’OMC soit dessaisie des questions agricoles au profit de l’ONU.
- Il n’est pas admissible que sur des terres arables, on préfère les cultures, plus lucratives, destinées aux agrocarburants à celles pour l’alimentation.
- Les Verts enjoignent le Conseil fédéral à prendre clairement position sur la spéculation avec les aliments.
Diminuer la taxe sur les carburants et sur les combustibles n’entre pas en ligne de compte, tout comme la suspension du centime climatique ou l’abolition de la taxe sur le CO2 sur les combustibles. Ce serait s’attaquer aux symptômes uniquement et représenterait un non-sens en matière de politique climatique. Les énergies fossiles n’ont pas d’avenir et nous devons trouver des solutions de remplacement. Lors de la crise pétrolière de 1973, les prix de l’énergie étaient plus élevés que ceux d’aujourd’hui, indexation comprise. En outre, les carburants dans les pays voisins sont bien plus chers qu’en Suisse. La seule urgence réside à notre avis dans la nécessité de mettre sur pied un programme énergétique « sortir de l’ère du pétrole ». Ce travail est de la compétence et de la responsabilité du Conseil fédéral.

