Communiqués
Les dirigeants de l'UBS se paient-ils notre tête?
Les débats des Chambres fédérales au cours des deux première semaines de la session de décembre ont montré que le montage financier destiné à sauver l’UBS exposait à un risque considérable de perte sèche une grande partie au moins des 60 milliards de francs que la Banque nationale suisse (BNS) va engager dans cette opération, directement dans la société spéciale. Simultanément, il apparaît que les dirigeants de l’UBS auraient écrit dans des communications internes dès l’annonce du plan financé par le contribuable sauveteur, le 16 octobre dernier, que cette banque n’aurait jamais été dans la nécessité d’être sauvée par les autorités fédérales !
Avec beaucoup d’amertume, mais avec un sens civique inflexible, l’ensemble du parlement a manifesté cette semaine encore sa volonté unanime de contribuer au sacrifice de sommes inouïes en faveur du sauvetage de l’UBS, après avoir été convaincu par le Conseil fédéral, par les organes dirigeants de la BNS et, originellement, par ceux de l’UBS elle-même que cela était indispensable pour parer au risque de voir cet établissement tomber en faillite. Bien évidemment, c’est le péril systémique d’une catastrophe économique et sociale qui en résulterait pour les déposants privés, pour les caisses de pension et pour les entreprises, avec des conséquences dramatique pour l’emploi, qui a persuadé les parlementaires de se résigner à une telle solution.
Quelle n’a pas été l’effarement du monde politique fédéral à la lecture de la presse du jeudi 11 décembre en apprenant que les présidents du Conseil d’administration et de la Direction générale de l’UBS auraient adressé, le jour même de l’annonce qu’un plan de sauvetage fédéral était nécessaire et pour ainsi dire prêt, différents courriels internes à la banque niant expressément cette nécessité. On ne saurait plus clairement se payer la tête du contribuable sauveteur et des autorités du pays. Sur un plan strictement juridique, il y a lieu de se demander si un tel comportement n’a pas consisté en une manœuvre propre à appauvrir la BNS (qui appartient largement à la Confédération et aux cantons) au profit indu de l’UBS, ce qui serait d’une extrême gravité.
A moins que les informations parues dans la presse à ce sujet ne soient démenties de façon crédible, les Verts interpelleront, cette session encore, le Conseil fédéral sur l’attitude éhontée des dirigeants de cette banque.

