Plus que 5 ans pour réduire la pauvreté dans le monde
Objectifs du Millénaire: la Suisse doit en faire beaucoup plus
L'Assemblée générale de l'ONU a siégé à New York jusqu'à fin septembre 2010. Les objectifs du Millénaire pour le développement et l'inquiétude pour l'économie planétaire ont été les principaux sujets à son ordre du jour. La communauté internationale a encore cinq ans pour réduire la faim et la pauvreté de façon marquante. Les diplomates suisses ont souligné la volonté de notre pays de lutter contre la pauvreté extrême sur toute la planète.
La collaboration au développement est un des moyens pour atteindre les objectifs du Millénaire. Le Conseil fédéral a décidé de consacrer 0.5 % du revenu national à ce domaine. Cette augmentation correspond à 200 millions de francs par année, mais reste tout de même en deçà des objectifs. La Suisse n'est pas capable de montrer l'exemple dans ce domaine, bien qu'elle affiche un endettement extrêmement bas en comparaison internationale. Une augmentation à 0.7 % nous permettrait de montrer un réel engagement pour les objectifs de développement.
Nous ne devrions en outre pas oublier que l'aide au développement ne suffira pas à réduire les difficultés des pays pauvres. Si nous voulons vraiment contribuer à un avenir pacifique, nous devons mettre fin au pillage de notre planète et agir résolument sur les fronts suivants:
- Les places financières continuent de profiter massivement de l'évasion fiscale hors de pays structurellement faibles. Ce qui constitue pour des Etats déjà proches de la faillite des pertes nettes de plusieurs milliards. Il est donc urgent de mettre fin à l'évasion fiscale au niveau international.
- Le commerce international ne doit pas détruire les économies de subsistance. La domination de l'industrie agricole aggrave la situation des populations rurales. Les accords de libre-échange doivent être accompagnés par des réformes agraires et par un soutien massif aux petites structures paysannes.
- Les pays industrialisés continuent de vendre pour plusieurs milliards d'armes aux régimes autoritaires de pays du Sud. Il faut mettre un terme au commerce des armes à l’échelle mondiale. Pour ce faire, nous devons commencer par édicter de critères plus sévères en matière d'exportation de matériel militaire.
- Le réchauffement climatique et les catastrophes que cela implique touchent actuellement principalement les pays du Sud. Il faut qu'en 2012, le Protocole de Kyoto soit remplacé par un accord contraignant permettant de réellement protéger le climat. Sinon les moyens engagés dans la protection des eaux et du climat s'évaporeront inutilement.
Les 200 millions de francs supplémentaires accordés à l'aide au développement ne sont qu'un petit pas pour un pays riche. Penser globalement et agir localement – donc également au Nord – implique plus de solidarité et moins d'exploitation. Ce sont les objectifs pour lesquels les Verts s'engagent.

