2 x NON le 28 novembre
L’initiative et le contre-projet envoient un faux signal
Selon un récent sondage, près de deux tiers des citoyennes et citoyens suisses s’apprêteraient à tomber dans le piège de l’UDC et à voter en faveur de l’initiative sur le renvoi. Un peu moins de la moitié des sondés soutiennent le contre-projet à peine moins xénophobe des partis bourgeois. Il s’agirait pour ceux-ci de « couper l’herbe sous les pieds » de l’UDC. Ce mauvais projet confirmerait donc qu’il existe un « problème » jusqu’ici insuffisamment combattu avec les criminels étrangers, et qu’il faut durcir la loi pour le résoudre. Tous ceux qui pensaient ainsi jusqu’à présent se trouvent confortés dans leur opinion et glisseront un oui dans l’urne le 28 novembre. Un oui à l’initiative de l’UDC, et non au contre-projet, car ils préféreront l’original à la copie, comme le montre le sondage. Ceux qui souhaitent établir un droit d’exception qui inflige une double peine aux migrants choisiront sans hésiter la proposition raciste du parti nationaliste.
Pourtant, comme l’a réaffirmé l’avocat zurichois Marc Spescha jeudi dernier lors de la conférence de presse du comité 2xNON, le prétendu laxisme des autorités envers les criminels étrangers est un mythe. Les étrangers écopant d’une peine de prison perdent en règle générale leur permis de séjour ou d’établissement, et sont effectivement expulsés du territoire suisse. Pourquoi introduire dans la Constitution fédérale un article sur les « étrangers criminels », alors que les dispositions légales qui permettent de les renvoyer dans leur pays ne sont en vigueur que depuis trois ans ?
Le contre-projet envoie lui aussi un faux message, selon lequel le droit appliqué aujourd’hui n’est pas assez sévère. Les promoteurs du contre-projet n’ont pas pu mentionner un seul exemple prouvant la nécessité de réviser la loi sur les étrangers votée en 2007.
Nous espérons que malgré une campagne intensive d’une partie du groupe parlementaire socialiste, nos collègues du PS ne se laisseront pas berner lors de leur congrès du 30 octobre, et qu’ils se rallieront à leur président pour recommander haut et fort le double NON. Droit d’exception, double peine, également pour des personnes nées et élevées dans notre pays, cela ne peut pas être une réponse de la gauche.
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