Helvétisation des noms de famille (suite)
La victoire des Valaisans
Les footballeurs du FC Sion qui ont remporté la coupe de Suisse contre les Young Boys ont pour nom Obradovic, Alfonso, Monterrubio, Reset, Fermino Setey Die, Paito, Nwaneri, Alioul, Vanozak, El-Hadary. Des noms bien suisses, comme on peut le constater ! Si deux des onze joueurs ont la double nationalité, aucun des neufs autres ne possède le passeport rouge à croix blanche. Dans les tribunes du Stade de Suisse ou les yeux rivés au poste de télévision, des centaines de milliers de fans se sont réjoui de la victoire de leur équipe favorite. En Valais, un accueil royal était réservé à ces « enfants du pays », qui ont bénéficié d’une couverture médiatique record.
Qu’ils soient originaires d’Angola, de Serbie, du Portugal ou du Congo, les héros du jour ont été acclamés sans qu’on s’intéresse à la couleur de leurs papiers d’identité ou à la consonance de leur patronyme. « On a gagné ! » - pour tous les Valaisans de cœur, c’est la seule chose qui importe.
En ce moment, de nombreux jeunes gens dotés d’un nom semblable cherchent un emploi ou une place d’apprentissage. La plupart malheureusement sans succès. Dans le monde du travail, ils n’ont que très peu de chance de gagner. Leur origine leur barre l’accès à la formation professionnelle et les condamne à la précarité. Certains parlementaires bien intentionnés suggèrent qu’il faudrait « helvétiser » leurs noms de famille pour contourner les discriminations. Comme beaucoup de personnes sérieusement préoccupées par ce problème, j’ai envie de dire : « ça va pas la tête ? » Il y a vraiment quelque chose qui cloche dans notre société ! Plutôt que de changer les noms qui sonnent bizarres à nos oreilles de bons Suisses, ne devrions-nous pas penser à changer notre regard sur les étrangers qui vivent parmi nous ?!
