Helvétisation des noms de famille
Une proposition saugrenue au nom de l'"intégration"
Les nouvelles idées des « spécialistes de l’intégration » me mettent dans une franche colère.
Ainsi la conseillère aux Etats bâloise Anita Feitz (PS) vient de déposer un postulat demandant que les personnes d’origine étrangère puissent « helvétiser » leur nom de famille. Ce ci afin d’éviter que les jeunes de seconde génération soient discriminés sur le marché du travail.
Elle va jusqu’à proposer dans le « Tages Anzeiger » des exemples montrant comment on peut rendre « helvétiquement corrects » les patronymes des Balkans. Jugeons un peu : Radulovic devient Radler, et Krasniqui, Krasner. Amusant, non ?
Les Krasniqi sont plus de 2000 à vivre en Suisse, de même que les Gashi, Jovanovic, Markovic, Nikolic et Petrovic. Est-ce à dire qu’à l’avenir, pour trouver du travail, tous les porteurs d’un patronyme en ic, toutes les familles Öztütk, Kaya, Ylmaz et Ildrim, d’origine turque et kurde, devront changer de nom ? Et que dire des quelques milliers de Rodriguez, Rodriges, Garcia d’Espagne et du Portugal ?
Devoir renier son nom pour ne pas être discriminé, c’est perdre une partie de son identité. On sait que les personnes qui connaissent mal la culture de leur pays d’origine ont plus de difficultés à comprendre et à accepter celle de leur pays d’accueil.
Que la gauche se laisse aller à des propositions pareillement absurdes montre à quel point la xénophobie s’est banalisée dans notre pays.
Les discriminations doivent être partout combattues. Il est parfaitement honteux que certains jeunes se voient offrir le chômage pour seule perspective d’avenir. Ce dont nous avons besoin, ce sont des mesures contre le chômage des jeunes, davantage de places d’apprentissage, et une réelle égalité des chances pour tous, quelque soit la couleur de la peau ou du passeport, et le degré de parenté avec Guillaume Tell.
À propos : je n’ai pas trouvé un seul Krasner sur swixtel. Et le nom Fetz vient de « Fato » et du goth « Faths », qui veut dire « homme ». Ne devrait-on pas logiquement suggérer à Anita Feitz de changer de patronyme ?
