Climat

Etat des lieux

Le groupe intergouvernemental d’experts sur le climat (GIEC) des Nations Unies l’a démontré : le réchauffement climatique est imputable pour la plus grande part à l’activité humaine, qui émet des quantités beaucoup trop importantes de gaz à effet de serre. Le principal de ces gaz, le dioxyde de carbone (CO2) est produit par la combustion des agents énergétiques fossiles comme le pétrole, le gaz naturel et le charbon, dont la Suisse tire 70% de son énergie.

Une augmentation des températures moyennes de plus de 2 degrés seulement aurait des conséquences dramatiques pour l’ensemble de la biosphère. Les glaciers polaires pourraient disparaître et des régions entières être submergées par la hausse du niveau des océans. Les équilibres climatiques se trouveraient gravement perturbés à l’échelle du globe, avec une multiplication des phénomènes météorologiques extrêmes, tels que les inondations ou les sécheresses. De milliers d’espèces végétales et animales pourraient s’éteindre, entraînant l’effondrement des grands écosystèmes dont l’être humain dépend pour sa survie. Il est à craindre que des boucles rétroactives entrent en jeu et que le réchauffement s’accélère sous l’effet de tous ces phénomènes. Quels que soient les scénarios envisagés par les climatologues, une chose demeure certaine : les coûts engendrés par une telle catastrophe seraient infiniment supérieurs à ceux qu’exigeraient dès aujourd’hui des mesures efficaces de protection du climat.

Il y a donc urgence à agir, en commençant par repenser intégralement notre approvisionnement en énergie. Les Verts exigent que les agents énergétiques fossiles soient intégralement remplacés par les énergies renouvelables d’ici 2050, et qu’une utilisation rationnelle de l’énergie disponible – l’efficacité énergétique – fasse dans le même temps diminuer les besoins. Mais cette transformation n’ira pas sans un changement des habitudes de consommation dans le sens d’une plus grande sobriété. L’économie ne peut plus se permettre de viser une croissance illimitée. Des alternatives écologiques existent, et sont à explorer sans attendre.

 

Objectif des Verts Suisses :
en 2050, 100 % de l’énergie consommée dans notre pays doit être renouvelable!

 

Au niveau international

La gouvernance internationale en matière de climat repose sur la Convention des Nations Unies sur le changement climatique, entrée en vigueur en 1994. Elle stipule notamment que l’effort de réduction des émissions de gaz à effet de serre incombe en premier lieu aux Etats industrialisés – dont la Suisse, qui sont les responsables historiques du réchauffement climatique. Les Verts appuient cette application à l’échelle internationale du principe du pollueur-payeur.

En conséquence, les objectifs de réduction prévus par le protocole de Kyoto pour la période de 2005 à 2012 ne concernent que les « anciens » pays industrialisés. Des tractations ont lieu depuis 2006 entre les Etats afin de préparer le calendrier de l’après-Kyoto. Elles devraient aboutir à un nouveau traité lors de la conférence de Copenhague en décembre 2009.

Les pays en développement sont concernés à plus d’un titre par le dérèglement du climat. Bien que leur contribution à l’effet de serre soit minime, les effets du réchauffement (sécheresses, inondations) les touchent plus durement, tout en ne disposant pas de ressources suffisantes pour s’en protéger. La protection du climat doit donc devenir une des priorités de la coopération internationale.

 

Initiative pour le climat
Face à l’inertie des pouvoirs publics, les Verts ont fondé l’Alliance pour une politique climatique responsable avec d’autres organisations, qui se sont unies pour lancer l’initiative pour un climat sain en 2007. Elle fixe comme objectif minimum à atteindre d’ici 2020 une réduction de 30% du CO2 émis en Suisse par rapport au niveau de 1990. Déposée en février 2008 avec plus de 150 000 signatures recueillies en un temps record, cette initiative est un signal clair à l’intention du gouvernement, sommé de s’engager sans tarder pour sauver le climat.

 

Loi sur le CO2
Le Conseil fédéral n'a malheureusement pas saisi le message. La révision de la loi sur le CO2 qu'il vient d'élaborer en guise de contre-projet à l'initiative est tout à fait insuffisante. Son objectif, -20% de réduction des émissions de CO2, n’aura pas un impact suffisant sur la courbe du réchauffement. Par ailleurs, la loi offre la possibilité de compenser une partie des émissions produite en Suisse par des investissements dans des technologies propres à l’étranger (« permis de polluer »).

 

Les réductions doivent se faire à la source
Les Verts exigent que l’objectif de réduction de la Suisse soit fixé à 40% et que cet effort ait lieu tout entier sur le territoire helvétique. Ce n’est qu’ainsi que les investissements nécessaires à cette fin pourront profiter à l’économie suisse et permettre la création de nombreux emplois, tout contribuant à diminuer la dépendance du pays vis-à-vis des matières premières extérieures.

Mais parce que la Suisse est responsable d’une importante quantité d’émissions de CO2 à l’étranger via ses importations (énergie grise), elle devra également compenser 40% supplémentaires dans des projets de réduction hors de ses frontières.

En tout, c’est bien une réduction de 80% des ses émissions de CO2 que la Suisse doit accomplir d’ici 2020.

Le charbon et le gaz doivent rester sous terre
Les réserves de pétrole diminuent, alors que la consommation mondiale d’énergie augmente. Plusieurs compagnies d’électricité suisses ne voient de salut que dans les centrales thermiques à gaz ou à charbon, qui rejettent pourtant d’énormes quantités de CO2. Les Verts s’insurgent contre une telle irresponsabilité et appellent la population à s’opposer à tout nouveau projet de centrale à gaz ou à charbon, en Suisse ou à l’étranger.

Les agro-carburants n’ont rien de bio

Présentée comme une alternative miracle aux carburants à base de pétrole, la production d’éthanol, essence d’origine végétale, a rapidement révélé des effets pervers qui dépassent de loin ses supposés bienfaits : déforestation, atteinte à la biodiversité, accaparement des bonnes terres arables dans les pays pauvres, renchérissement insensé des denrées alimentaires amenant des populations entières au bord de la famine…

D’un faible rendement énergétique, les agro-carburants ont un bilan social et écologique désastreux. Leur seul mérite : permettre aux riches de la planète de se donner bonne conscience en roulant « propre ». Pour les Verts, il est temps de mettre fin à cette supercherie en instaurant un moratoire sur leur importation dans notre pays. Les agro-carburants indigènes produits à partir de déchets végétaux seront par contre autorisés.